Né dans le sud-ouest de la France, à Tarbes, en 1964, Frederic-JG Blanque (FJG) vit et travaille, aujourd’hui, à Toulouse.

Il se passionne pour la photographie dès l’adolescence. Un oncle néerlandais portraitiste, connu pour ses clichés de JFK ou encore de Louis Armstrong, lui insuffle le désir de s’emparer du medium photographique pour donner à voir sa perception du monde. Il a alors 14 ans. Le noir et blanc, le format de son premier Polaroïd, puis une pratique assidue du moyen format argentique forme son œil à la composition « au carré ».  Des études en école de commerce l’éloignent peu à peu des lumières rouges du laboratoire. Les affaires prospèrent : le boîtier de son Canon et sa collection d’objectifs sommeillent. Un mois de juin 2001, il se promène à Lower Manhattan, caresse le pied gris métallisé d’un gratte-ciel du WTC. Ce cadrage parfait, cet instant épiphanique, ce film ne sera pas impressionné : il n’a pas d’appareil sur lui. Il se promet de revenir pour combler ce blanc. Quelques mois plus tard, ce sera Ground zero.  Des années passent, il cesse alors ses activités dans l’immobilier, se saisit du terrain vague où s’étirent ses désirs de jeunesse et se consacre à la photographie d’architecture : en février 2010, il présente sa première exposition à la galerie toulousaine CDA.

L’objectivité inaugurale de certaines de ses compositions visuelles urbaines n’est pas sans évoquer l’école de Düsseldorf. D’autres témoignent d’une représentation de la ville moderne, a priori conventionnelle, voire fascinée par un american way of life ou fantasmée par la convocation d’une Lost Generation. Il faut y voir tour à tour un pied de nez aux images dont rêve la grande distribution  et à toute forme de nostalgie. L’intérêt, pour FJG, n’est pas la reproduction d’une réalité, idée qu’il reconduit, mais la construction, riche en potentiels, d’une réalité qui serait sienne.

L’impersonnel sait s’altérer pour faire la part belle à l’échappée imaginaire : la photographie devient l’outil au service de sa propre subjectivité. Le réel en soi n’existe pas, il s’autorise donc l’intervention sur l’image : les traitements chromatiques, les cadrages très serrés, les points de vue improbables battent en brèche toute tentative de classement figuratif.

Ainsi, pour FJG, la photographie ne se pratique pas dans l’urgence, elle est toujours précédée par la réflexion, d’ailleurs, il n’a presque jamais d’appareil photo sur lui. C’est le travail en amont et en aval de la prise de vue qui légitime la différence entre « faire une photo » et « prendre une photo », faire une photo étant plus instantané.

Le drap tombe. L’intérêt plastique de l’image se déploie. De Ground zero à la friche, le frisson réside dans le renouveau, dans le « à suivre », « à faire », et non le « déjà ». C’est l’objet en puissance qui intrigue FJG pour ce qu’il va en faire. Les couleurs convoquées sont celles de l’aurore, le flou révèle le mouvement, la circulation se fait sous le béton, le grain témoigne d’une volupté de la pierre, le « cramé » de l’image, surjoué, magnifié, marque le passage de l’aporie à l’essence. La photographie d’architecture se fait conjuration de la mort et affirme la pérennité du mouvement par le principe de l’analogie.

Proprement maçonnique, la photographie assigne chez FJG les contraintes de l’architecture : la disposition des images exposées, la disparition du papier,  le support  verre acrylique ou celui de l’aluminium brossé (…), tout participe à ce que l’épaisseur de la matière photographiée épouse celle du support. S'éloigne alors, imperceptiblement, la photographie du figuratif pour embrasser une dimension plastique qui resserre le lien du photographe à celui d’artiste et transforme le plaisir de la vue en sensation scopique volontiers charnelle.

De la ville toute puissante à la déshérence de la friche promise à la renaissance, en passant par une esthétique de l’accident, c’est l’odeur entêtante des hommes que les murs, de verre, de pierre, de métal, révèlent. La photographie d’architecture, telle que la présente et la travaille FJG, devient une ode à la matière vivante. 

 

Leokady (Karine Alquier)


EXPOSITION PERSONNELLE

Nov/Dec 2010 « Traveling, 42th  » - MANDYART - Toulouse

Février 2010 « Urban POV » – Galerie CDA - Toulouse

EXPOSITION COLLECTIVE

Juillet 2010 – Galerie CDA - Toulouse

Mars 2010 – Galerie Art Contemporain d'ici et d'ailleurs - Toulouse

1984 – Médiathèque - Séméac

COLLECTIONS PRIVEES

France, Canada, USA, UK.