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Avant d’être photographe, avant même d’être ce passionné d’architecture que l’on devine, Frederic JG Blanque est un humaniste patent. Et lorsque l’on rencontre l’homme, c’est en effet plus qu’une évidence. Généreux, JG Blanque ne donnera que ce qu’il perçoit de meilleur et d’essentiel à ses contemporains. Tout ceci tombe à point nommé car ce qu’il a de meilleur, c’est son œil qui, peu importe l’appareil, repère d’une sensibilité concise le sublime de notre environnement immédiat. Son travail se prête tout à fait à l’urgence de l’ère du temps. Par sa démarche il réhabilite à nos yeux cette architecture contemporaine que nous ne prenons plus le temps de contempler. Avez-vous souvent vu un cadre de la Défense lever la tête et s’extasier de longues minutes durant sur le symbole et la prouesse architecturale de l’arche de Johann Otto von Spreckelsen ? Il est un fait que notre société de mouvement permanent, de chasse au temps perdu, nous fait passer à côté du contemplement béat des œuvres urbaines qui nous entourent. En ce sens, l’acte de JG Blanque est plus que salutaire. Il tente en effet de remettre en exergue le trait, l’idée primaire, de l’architecte des bâtiments qu’il photographie. Qu’il y arrive à chaque fois n’est pas le propos, qui est plutôt qu’il arrive à magnifier des détails de ces immeubles, hall, façades, que, par habitude, nous n’arpentons plus que d’une manière purement utilitaire. Salutaire aussi, sa démarche : car aucune de ses photos ne transpire la suffisance. De part ses cadrages subtils et évasifs, il ne prétend en aucun cas nous donner de leçons sur les arts qu’il défend. JG Blanque ne fait que nous suggérer, nous inviter à aller entrevoir au-delà des symétries si justement imparfaites de ses œuvres. Non pas pousser une porte, mais ouvrir les yeux, lever la tête, faire acte de résistance envers une société où l’on ne prend plus le temps de « regarder », a peine celui de « voir». Passant au-delà du photographe, c’est sa photo elle-même qui en devient humaniste. Car chaque prise de vue décrit une confiance sereine et exaltée envers l’homme et sa capacité à entrevoir et ressentir le monde qui l’entoure, à enfin percevoir toute la poésie qui peut émaner de quelques milliers de tonnes de béton et d’acier, couchés sur le papier photosensible de Frederic JG blanque. François Galerneau |
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